CSF Magazine n° 119 - Faut-il se défier des banques ?

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FAUT-IL SE DEFIER DES BANQUES

Les néo-banques mobiles ont le vent en poupe

Près d’un Français sur quatre est client d’une banque en ligne ou d’une néo-banque mobile. La progression est constante ; nous sommes 22 % à disposer d’au moins un compte dans une de ces nouvelles banques digitales. Leur principal attrait: carte bancaire souvent gratuite, un petit chèque de bienvenue, des frais bancaires très réduits et parfois nuls, uneinfo en temps réel sur votre smartphone à chaque paiement.
Mais les banques traditionnelles sont-elles fondées à se plaindre d’une concurrence qui serait déloyale? Il faut y voir de plus près. La majorité des grandes banques à distance sont des filiales de banques traditionnelles, de compagnies d’assurance ou d’opérateurs de téléphonie mobile. Ainsi, Axa Banque est filiale de la compagnie d’assurance Axa, Boursorama Banque de la Société Générale, BforBank du Crédit Agricole, Fortuneo du Crédit Mutuel Arkéa, Hello Bank de BNP Paribas, ING Direct de la banque néerlandaise ING, Monabanq du Crédit Mutuel CIC, Orange Bank du groupe de téléphonie Orange. Les grands groupes bancaires n’ont pas manqué le train de la modernité et, souvent parallèlement à l’ouverture d’e-agences, ils ont créé des banques à distance capables de séduire les nouvelles générations de clients. S’ils jouent sur tous les tableaux aujourd’hui, ils comptent bien récupérer les clients perdus dans les guichets en les attirant dans leur banque à distance.

Baisse des taux mais augmentation des frais

Le récent ralentissement des perspectives de croissance macroéconomique et le contexte de bas taux d’intérêt pour longtemps entament lourdement la rentabilité des banques, déplorent leurs dirigeants. Et il est vrai que les taux actuels sont peu rémunérateurs pour les établissements prêteurs, quand ils ne sont pas négatifs ! Ainsi la BCE fait payer nos banques qui y déposent leur argent. Leur équilibre économique est changé : ils ne peuvent plus compter sur les profits générés par les taux d’intérêt pour financer leur réseau d’agences et leurs frais de personnels. Ces arguments viennent justifier l’augmentation des frais bancaires imposés aux ménage, et expliquent en partie les suppressions massives de postes dans le secteur bancaire. « Les taux négatifs conduisent à la situation absurde où les banques ne veulent plus avoir de dépôts de leurs clients. », déclarait Sergio Ermotti, patron de la banque suisse UBS. La concurrence est acharnée entre les banques, tenues de conquérir plus de clients pour compenser leur perte de marge. Le prêt immobilier à taux compétitif est ainsi devenu leur principal appât, en particulier auprès des emprunteurs qu’elles peuvent équiper en produits complémentaires pour restaurer leur marge.

Mais il faut préciser que le système bancaire n’est pas exposé de manière uniforme aux taux bas : les banques dont les revenus dépendent essentiellement de l’activité de prêts et dépôts souffrent plus de cet environnement que les banques diversifiées dans les services financiers, l’assurance ou la banque d’affaires et d’investissement, comme les établissements français. Autre conséquence, les épargnants voient le rendement de nombreux produits d’épargne s’amenuiser. Les comptes d’assurance-vie en euros sont de plus en plus inaccessibles : on voudrait conduire les Français à se diriger vers l’épargne en actions , qui effraie les ménages modestes craignant les krachs boursiers.