CSF Magazine n° 116 - CHANGEMENT CLIMATIQUE : LE SERVICE PUBLIC S’ENGAGE

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CHANGEMENT CLIMATIQUE : LE SERVICE PUBLIC S’ENGAGE

Analyser et comprendre
Après beaucoup de débats, une grande majorité de nos experts concluent à un réel changement climatique en cours. Les désaccords persistent encore sur les raisons : l’activité humaine est-elle seule en cause ? Faut-il incriminer d’autres facteurs ? Quoi qu’il en soit, il faut bien comprendre le phénomène. Et pour cela les moyens d’investigation scientifique sont indispensables. Le service public français est pionnier en ce domaine. Météo-France est l’héritier d’une histoire commencée dès 1855, sous Napoléon III, avec l’Observatoire de Paris. On connaît bien Météo-France pour ses prévisions relayées à la radio, à la télévision, dans les journaux. Mais en amont de cette activité de prévision, un énorme travail d’observation et d’analyse est nécessaire. Comprendre le climat et son évolution suppose un dispositif scientifique d’envergure.

L’oeil de Lynx

On observe donc la planète, et de partout : de la Terre Adélie, à la base Dumont d’Urville, de l’espace, avec le satellite Meteosat premier satellite météo géostationnaire européen ou avec le satellite Metop A, en orbite basse, doté d’un sondeur lasi de nouvelle génération, depuis le sol, avec le réseau Aramis, réseau cohérent de radars météo dessinant un maillage de 2,5 km… 24 heures sur 24, Météo-France observe en permanence l’atmosphère, l’océan superficiel, le manteau neigeux… Deux supercalculateurs, installés à Toulouse, sont capables d’effectuer des milliards d’opérations par seconde. Ces supercalculateurs travaillent en temps réel pour les besoins de la prévision. Mais ils permettent également de reconstituer les conditions climatiques passées, et de simuler les évolutions futures.
C’est le Centre national de recherches météorologiques CNRM, constitué avec le CNRS, qui coordonne l’ensemble des activités de recherche de Météo-France. Leur champ d’étude ? Le cycle de l’eau, l’étude des échanges océan-atmosphère, la physico-chimie atmosphérique, la modélisation pour la prévision numérique. Des recherches utiles pour améliorer la prévision météo. Des travaux éminents indispensables pour la recherche internationale sur le climat. Météo-France et le CNRS contribuent activement aux travaux du GIEC – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Parmi les auteurs du rapport international d’évaluation du GIEC, nombreux sont les chercheurs du CNRM. Deux organismes publics français, Météo-France et le CNRS, sont donc à l’avant-garde de la recherche internationale sur le climat.

Le diagnostic ? Trop de CO2 !

La plupart des experts mettent en cause l’excès d’émission de gaz à effet de serre dans le changement climatique. D’autres sont plus réservés, et soupçonnent les éruptions solaires ou les variables d’inclination du globe terrestre. Mais tous ont un adversaire commun : le CO2 ! Car l’excès de dioxyde de carbone est un désastre sur terre comme dans nos océans. La priorité est donc de « décarboner » les activités humaines. Au premier rang des émetteurs de CO2 : la production d’énergie. Brûler du pétrole, du gaz, du charbon, du lignite libère des tonnes de dioxyde de carbone. C’est donc sur le terrain de la production d’électricité que se livre la première bataille. Et tous les pays ne sont pas égaux en ce domaine. Le premier pollueur est la Chine. L’immense effort d’industrialisation se paie cher : en 2018 les émissions de CO2 ont encore progressé de 4,7 %. Phénomène analogue en Inde avec une progression de 6,3 %. Les États-Unis sont au deuxième rang mondial. En Europe, l’Allemagne est le premier pollueur : elle rejette à elle seule près de 23 % des émissions de CO2 de l’Union européenne ! « C’est lié au fait que l’Allemagne continue à produire beaucoup de son électricité avec du charbon et du gaz » explique Sylvain David, chercheur au CNRS.

Vous avez dit voiture propre ?

Réduire en tous domaines l’émission de CO2, voilà le programme ! Pour le mettre en oeuvre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie déploie ses activités. C’est un établissement public, créé en 1990, dont le siège social est à Angers. Parmi ses programmes : soutenir la recherche pour le véhicule propre, notamment le véhicule à hydrogène. Car si aujourd’hui on veut promouvoir la voiture électrique ou hybride, mieux vaut penser avec un temps d’avance. Ainsi, les Chinois qui avaient beaucoup misé sur la voiture électrique ont changé d’avis. Désormais, ce sera l’hydrogène et la pile à combustible qui seront privilégiés. La Chine a arrêté de donner des bonus écologiques et des aides publiques pour les achats de voitures électriques à batteries. Cet argent sera désormais consacré au développement de la voiture à hydrogène, plus autonome, plus disponible. De tels programmes ne sont pas rapidement rentables. La recherche publique est là indispensable pour préparer l’avenir. L’ADEME accompagne ainsi des projets d’expérimentation et de développement de véhicules à hydrogène.