CSF Magazine n° 125 - Fonctionnaires, cibles des économies budgétaires ?

CSF-MAG-NEW 125

Pour recevoir le CSF MAG, il vous suffit de rejoindre l'association CSF.
Pour adhérer au CSF et profiter de tous les services et avantages sélectionnés pour vous, il suffit d’acquitter un droit d’entrée unique et une cotisation annuelle. Et pour plus d’avantages, optez pour le service C’Plus.

En savoir plus
✔ Souscrire

Les fonctionnaires, cibles des économies budgétaires ?


Lors de la pandémie, un choeur de louanges avait célébré le service public. Devant l’épreuve, dans le confinement général, chacun avait remarqué que l’hôpital faisait face à une crise sanitaire dans des conditions rudes : pas de masques, pas de blouses, des urgences débordées. Et pourtant chacun était resté à son poste. Les services de secours se tenaient aux côtés des habitants, transportaient les malades. Les services de sécurité, police et gendarmerie, ne manquaient pas à l’appel. Dans les mairies, les agents de la fonction publique territoriale veillaient à la continuité des services, dans les écoles, les collèges, les lycées, les enseignants ont permis de réduire au minimum la fermeture des classes et des cours. La fonction publique était bien apparue comme la colonne vertébrale du pays : quand la pandémie bouleversa tout, elle tint bon. « La fonction publique semble ainsi rester au coeur de la vie sociale et politique française, même chez les réformateurs les plus libéraux qui ne cessent, depuis la monarchie de Juillet (1830 – 1848) de fustiger le “fonctionnarisme”, le “trop d’État” », note ainsi Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS et à Sciences Po, dans un stimulant ouvrage

Quel avenir pour la fonction publique ? (1). Mais, comme souvent, aussitôt l’alerte éloignée, les mauvaises habitudes reprennent le dessus. Et de nouveau, surgissent dans les programmes de campagne, les annonces publiques, les propos médiatisés, la dénonciation des fonctionnaires et les propositions de suppression de postes – 200 000 pour les uns, 300 000 pour les autres. Le remède aux maux de la France tiendrait dans la réduction des effectifs des agents publics… Où ferait-on passer la hache ? Le propos devient vague,élusif… Supprimer des postes d’infirmières ? Non, vous n’y pensez pas. Des policiers, des gendarmes ? Il n’en est pas question, l’insécurité préoccupe les Français ! Des enseignants ? Non, on préfère réduire le nombre d’élèves par classe. Les agents des préfectures et des sous-préfectures ? Mais il suffit de voir les files d’attente devant certains guichets pour y renoncer. Les armées ? Ah, le monde n’a jamais été aussi incertain, et les effectifs actuels sont déjà bien trop modestes. On pourrait multiplier les exemples. Et d’ailleurs, on observe que, placé au pied du mur, le candidat partisan de supprimer les postes de fonctionnaires par dizaines ou par centaines de milliers n’y parvient pas.